Interview fleuve de Romain GERARDIN-FRESSE

Interview fleuve de Romain GERARDIN-FRESSE du Cabinet GFK CONSEILS-JURIDIS :
« Le Droit est le garant de nos libertés individuelles »

 

Romain GERARDIN-FRESSE est expert juridique, fondateur du cabinet GFK CONSEILS-JURIDIS. Il est également chroniqueur pour de prestigieux magazines tels que Forbes, Entreprendre, les Echos ou encore Contrepoints.
Il vient d’être nommé Vice-Président du Groupe ALI BAKHTIAR DESIGNS, en charge des affaires juridiques et stratégiques.
Nous avons demandé à ce juriste émérite, la relation qu’il établit entre Droit et Liberté.

 

« Le Droit est le fondamental de toute Liberté.
Il est l’Alpha et l’Omega de la défense de nos libertés individuelles, il est le garant des libertés publiques.
La définition littérale de ces libertés publiques résulte dans les garanties personnelles du tout à chacun, que le gouvernement ne peut supprimer, que ce soit par la Loi ou une décision judiciaire, sans en assurer d'abord la sécurité juridique.
Le Droit prend donc ici toute sa place.
La sécurité juridique passe par l’encadrement strict des interdits, pour qu’ils demeurent garants de l’ordre public, et qu’ils ne puissent devenir liberticides.
La liberté individuelle est assurée par le concours de l’intérêt public, qui se doit d’ôter toute faculté à autrui d’abuser de la liberté, de sa liberté, qui dès lors viendrait empiéter sur celle de son voisin.
Mais l’exercice est périlleux et parfois paradoxal, car il convient de maintenir un juste équilibre entre l’abus de liberté et l’absence de liberté, prévenir ce qui est moral et pourtant illégal, protéger ce qui est immoral et pourtant licite.

Le Droit se pose en fer de lance de la justice en tant qu’institution et de la Justice ès-qualités de vertu. Dans le second cas, encore faut-il que l’on considère que ce qui est juste est légal, et ce qui est illégal est injuste, mais il s’agit là d’une notion philosophique dont la sémantique peut être longue à développer.

Pour autant, partant du postulat neutre que la Loi est universellement admise comme étant nécessaire à l’établissement de la Justice, alors le Droit est l’arme que chacun peut saisir pour se défendre contre une atteinte à sa liberté, l’ultime rempart contre l’arbitraire et le despotisme.

Le Droit protège l’opprimé, garantit l’intégrité de la victime, fait condamner l’agresseur.
Il protège le citoyen d’un État inique, un individu vulnérable des affres des puissants, permet à un homme qui a vu ses intérêts bafoués d’en être légitimement réparé.

Il est la base de tout pouvoir régalien et le garant de toute démocratie.

Il faut nonobstant lui accorder toute l’attention qu’il mérite.
Car le Droit peut devenir un outil dévastateur, lorsqu’il est instrumentalisé à de mauvais desseins.
Il n’y a rien de plus dramatique qu’une action inavouable puisse être légitimée, par un carcan juridique qui la rendrait licite.

Puisque le Droit demeure écrit par des Hommes, et que la variable humaine est souvent annonciatrice de bien des maux.

Thomas Hobbes considère que l’Homme est animé par des désirs insatiables, qui le poussent à prendre à l’autre ce qu’il ne possède pas.
Il est donc indispensable selon lui qu’un Etat fort puise encadrer et prévenir tout débordement.

Reste à s’assurer pour autant, qu’un Etat trop fort, ne puisse pas à son tour devenir inique.
Car dès lors, ce qui est censé sauver la Liberté, contribuera à l’annihiler. »

 

Propos recueillis par Alexandre GRUNENWALL

 

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